| La Légion
d’honneur fête son bicentenaire
La France vient de célèbrer
le bicentenaire de la création de
l’Ordre national de la Légion
d’honneur.
Créée par un décret
de Napoléon Bonaparte en date du
29 floréal de l’AN X (19 MAI
1802) le premier ordre national récompense
aujourd’hui Français et étrangers
qui se sont acquis des " mérites
éminents". En créant
l’ordre de la Légion d’Honneur,
Napoléon Bonaparte fait entrer la
notion de mérite dans l’accès
aux honneurs. Si une élite lui semble
nécessaire, elle n’est plus
fondée sur la filiation mais sur
la valeur individuelle.
Napoléon, en établissant
la Légion d'honneur, en dépit
de l'opposition qu'il rencontrait autour
de lui, était d'accord avec la nation.
La Légion d'honneur a toujours été
considérée comme une institution
démocratique, ce qui ne l'a pas empêchée
d'être une décoration enviée
entre toutes. Une caricature anglaise représente
Bonaparte découpant le bonnet rouge
pour en faire des rubans de la Légion
d'honneur. Mais lord Byron a consacré
une de ses plus belles odes à «l'Étoile
des braves, qui a répandu tant de
gloire sur les vivants et sur les morts».
Comme la Légion d'honneur, comme
le Concordat, le Code civil, quoiqu'il consacrât
une révolution profonde par l'abolition
de tout privilège et de tout vestige
du régime féodal, était
aussi une oeuvre de conciliation et de transaction.
La première distribution des croix
eut lieu le 14 juillet 1802. Le naturaliste
Lacépède, qui, fut le premier
grand chancelier de la Légion d'honneur,
eut soin de faire remarquer que cette date
avait été choisie à
dessein pour montrer que la Légion
d'honneur était la consécration
de la victoire du 14 juillet et de la Révolution
de 1789.
Levavasseur qui assista ultérieurement
à une cérémonie de
remise de croix au camp de Boulogne le 16
août 1805, déclara: «La
transformation des sabres et des fusils
d'honneur en simples croix ne fut pas du
goût de nos vieux républicains.
Ils s'écriaient: «Une boîte
de rubans que signifie-t-elle? Un ruban
peut se gagner dans les antichambres, tandis
qu'un sabre ne peut se mériter que
sur les champs de bataille.» C'était
en effet une belle institution que celle
des sabres et des fusils d'honneur: une
action d'éclat pouvait seule les
obtenir. Les dernières armes d'honneur
avaient été données
après Marengo.»
Néanmoins, de sa création
en 1802 ce sont les militaires qui se la
verront épingler sur leur uniforme
à une majorité écrasante
: sur 48 000 légionnaires, on ne
comptera qu'à peine 1500 civils.
L'esprit qui présida à sa
création ne fut donc pas respecté,
loin s'en faut. A ce jour, les militaires
ne représentent plus (!) que 65 %
des récipiendaires contre 35 % aux
civils. Au 1er janvier 2002, on comptait
près de 114 000 légionnaires.
En ces temps où la parité
est sur de nombreuses lèvres, la
femme n'y compte que pour 10 % environ seulement.
Notons toutefois que depuis quelques années,
les nouvelles promotions visent à
réduire ce fort déséquilibre.
Frappés par la Monnaie de Paris
– 11 quai de Conti – 75006 Paris,
les deux grands ordres nationaux: l’Ordre
National de la Légion d’Honneur
et l’Ordre National du Mérite,
concernent les personnes qui ont acquis
des mérites ou qui se sont distinguées
dans une fonction publique, civile ou militaire
ou dans l’exercice d’une activité
privée.
Les autres ordres nationaux récompensent
les services rendus dans des domaines spécifiques,
comme l'Ordre des Arts et des Lettres (artistique,
littéraire ...), l'Ordre des Palmes
Académiques (éducation, enseignement),
l'Ordre du Mérite agricole (domaine
agricole), l'Ordre du Mérite maritime
...
Fruit d'un savoir-faire ancestral et
artisanal de bijouterie, frappe, découpe,
émail "grand feu"…
conservé par la Monnaie de Paris,
l’Ordre National de la Légion
d’Honneur est la plus élevée
des distinctions nationales. Elle est
la récompense de mérites
éminents acquis au service de la
nation soit à titre civil, soit
sous les armes.
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